La gravure sur bois

...ou xylographie, aussi appelée taille d'épargne, est « l'art de graver le bois en préservant le motif à imprimer. La planche de bois utilisée se dit bois de fil car la planche est découpée dans le sens du fil. On utilise des bois tels le cerisier, le poirier, le tilleul... auxquels s'ajoutent aujourd'hui contreplaqués et autres aglomérés. Au 19e siècle, est apparu le bois de bout, la planche étant débitée perpendiculairement au sens des fibres de l'arbre, d'où une très grande résistance et une finesse indéniable : on peut le graver dans toutes les directions sans subir les contraintes du bois de fil. Le buis est un bois particulièrement adapté à cette fonction. Les outils utilisés sur ce support sont très proches de ceux utilisés pour graver le métal (burin, échoppe, vélo …) ».
José San Martin, Biennale d'estampe contemporaine, Catalogue TRACE, 1986)

La gravure réinventée

...par l'usage de matériaux modernes
Depuis 1945, sont apparus sur le marché des substituts au bois qui sont utilisés seuls ou en techniques mixtes (linoléum, gerflex, plâtre, matières synthétiques). De ce fait, la technique a connu ces dernières décennies un renouvellement.

… selon de nouvelles techniques
Le travail de ces matériaux s'apparente à celui du bois – utilisation de gouges, de canifs – en exploitant la spécificité de chacun d'eux. Les graveurs actuels pratiquent la gravure non seulement sur le bois, mais aussi sur divers matériaux et réinventent le sens de la gravure, passant d'un usage restreint s'appliquant au bois seul pour l'élargir à celui de gravure en relief, chaque matériau offrant ses particularités. Aux outils traditionnels s'ajoutent des appareils électriques, des matières abrasives ou chimiques, permettant de brûler partiellement, découper, incruster… Il s'ensuit souvent une évolution dans le langage pictural.

… au sens élargi de gravure en relief

Xylon s'identifie à un seul concept de gravure, peu importe la technique et le matériau de réalisation utilisés : la gravure en relief.

La mise en place du dessin sur les planches qui s'obtient de différentes manières, soit par l'intermédiaire d'une maquette décalquée, soit par le tracé direct du dessin à l'aide d'un pinceau, d'un crayon, ou par marouflage. Le dessin est préservé en champlevant, c'est-à-dire que l'on creuse autour en laissant en relief le motif qui recevra l'encre à l'impression. Le tirage des gravures se fait au baren ou sur presse après l'encrage au rouleau fait en fonction de la texture du matériau employé et de l'impression désirée.

Pour une estampe couleur, généralement, on grave une planche par couleur, mais par le jeu des superpositions la palette s'élargit aisément. La gravure à bois perdu s'obtient avec une seule planche… Parallèlement à ces méthodes traditionnelles d'impression en relief, certains artistes gravent en creux leurs planches et tirent donc en taille-douce les bois ou leurs substituts. D'autres tirent leurs matrices sans encrage obtenant ainsi un gaufrage par pression. Ces différentes méthodes d'impression tout comme différents matériaux sont souvent combinés au sein d'une même estampe. D'autres encore s'inspirent de la gravure japonaise avec impression à l'eau sur un même bois et en toute liberté.